jeudi 7 janvier 2010

Dorothée Buffetaut







Exposition monographique de Dorothée Buffetaut.
Du 5 au 21 février





Dans son travail, Dorothée Buffetaut détourne de manière burlesque le sens propre d'objets ou d'actions qui font partie de notre quotidien. Elle s'intéresse à la problématique du corps idiot et d’une manière générale, elle fait appel à de faible moyens de production comme des bidouillages, des trucages très simples et parfois visibles, une sorte de "low technology" en quelque sorte afin de déformer la matière, quelle soit digitale ou physique. Ce sont les objets qui détériorent et qui violentent le médium. Le gag est porté sur la gestuelle, le physique et le visuel.
Les combats de L'Ultimate Fighting Championship ressemblaient aux jeux du cirque, une cage au lieu d'un ring, des adversaires qui se piétinent et s'envoient des coups de coudes, et de pieds, et de terribles KO. Dans la vidéo "the ultimate fight" chaque frappe, chaque coup aussi violent soit il détruit l'image et la pousse dans ses limites. Le combat devient une sorte de danse frénétique et ridicule. Pour la série de photo j'ai voulu non pas faire des portraits mais des anti portraits, en déshumanisant le modèle au maximum : pas d'expression, le regard neutre, le corps ressemble plus à une sculpture, à une sorte de présentoir et le seul élément qui finalement en ressort est l'objet. Le fait que les photos soient en noir et blanc renforce la connexion, l’osmose entre l'objet et le corps. Les objets ont leur importance : le premier que j'ai utilisé était la boule à thé par sa forme étrange et son coté un peu épique, puis j'ai élargi la série avec plein d'autres objets de la même famille, des ustensiles de cuisine détournés de leur utilité première. A la manière des "one minutes sculpture" d'Erwin Wurm, je fais une performance idiote avec ces objets, que je met dans des situations improbables.
J'utilise aussi des trucages simples et visibles, une sorte de "low technologie". La encore le coté burlesque de la vidéo « œuf » par exemple est fort et mise en avant par la répétition et la boucle.

« Tout est parti d'une boule à thé, « un ustensile étonnant », assure Dorothée Buffetaut. Etudiante en 5e année aux Beaux-Arts de Rennes, après quatre ans passés à Rouen, elle expose pour la première fois en solo à la Ruche. Son travail ? « L'attaque, la déformation du visage par l'objet. » Par une boule à thé donc… Mais aussi par différents ustensiles de cuisine. « Comme un mode d'emploi différent de ces objets du quotidien », rigole-t-elle.
Ces détournements burlesques, elle en est la victime. « Mais ce n'est pas du portrait, annonce Dorothée. C'est même de l'anti-portrait. Le modèle n'est qu'un support inexpressif qui subit. »
Si elle présente une douzaine de photos, Dorothée Buffetaut pousse plus loin le travail sur l'image. Burlesque toujours comme cette répétition d'un combat ridicule qui à chaque coup déforme un peu plus la vidéo. « Finalement, ce qui m'intéresse, c'est de déformer la matière, analyse-t-elle. Et ça me demande un temps de travail monstrueux. » A.Q»

Article du Paris Normandie du 8 février

http://www.paris-normandie.fr/index.php/cms/13/article/303642/Avis_de_detournements_burlesques_d_objets#reagir

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